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Beaucoup d'appelés, peu d'élus

  • tanzeymike
  • 27 mai 2022
  • 4 min de lecture

Si le métier de journaliste sportif passionne et fascine depuis des décennies, il n’en demeure pas moins très sélectif et comme pour tout corps de métier c’est ceux qui en veulent le plus qui triomphent. Le métier a bien évolué depuis la parution du bimensuel « Le sport, journal des gens du Monde » d’Eugène Chapus. Aujourd’hui il existe plusieurs métiers pour globalement trois principales plateformes : la télévision, la presse écrite et la radio. Ces différents métiers tels qu’animateurs, présentateur, journaliste reporter d’image, consultant, commentateur, bien que possédant des codes spécifiques à la profession, possèdent autant de variantes qu’il y a personnes les exerçants.

Le cursus n’est pas forcément dicté. Si la plupart des journalistes sont issus des écoles de journalisme, d’autres sont diplômés de Sciences-Po ou encore titulaires d’un master en Sciences Politiques comme Anne-Laure Bonnet ou encore David Phelippeau. Tant de parcours, qu’il y a de journalistes.


Un journaliste sportif se doit, selon Anne-Laure Bonnet d’être rempli d’humilité, de curiosité, s’intéresser aux gens, ne pas craindre de brusquer les gens, les sortir de leur zone de confort. Parfois il faut être capable de dire ce que les gens ne veulent pas spécialement entendre mais qu’ils doivent savoir. Prenons un cas pratique, Alberto Contador nous a ébloui sur la Grande Boucle durant des années et des années, il bien fallu que des confrères et consœurs informent le peuple que cet athlète était dopé.

Toujours sur les prérogatives du métier, selon Jean-Pierre Blimo, le journaliste s’insère dans un système où il y a des évènements qui se passent, une population qu’il faut informer et les journalistes sont entre les deux. À la croisée de ces chemins. Si François Pinet, David Phelippeau, Julien Chaput s’accordent à dire que la qualité première pour réussir dans ce métier c’est la passion, Vanessa Lemoigne ajoute qu’il faut être doté d’une rigueur absolue. Cette phrase me renvoie tout de suite à une anecdote de Grégoire Margotton au micro de Colin Dicanot qui expliquait comment il s’était attiré le courroux de feu Thierry Gilardi lorsque celui-ci lui avait demandé une interview d’un joueur de l’OL de deux minutes et qu’il a envoyé un P.A.D de deux minutes trente. Le journaliste sportif doit très souvent travailler le weekend et pour peu qu’il soit régulièrement sur le terrain l’aspect famille peut être relégué au second plan. C’est aussi à ce moment-là que la passion permet de tenir plus facilement et plus longuement. Le journaliste sportif doit être capable faire ressentir l’évènement au lecteur, l’auditeur ou encore le téléspectateur. Si le journalisme consiste à relayer des informations telles qu’elles sont et laisser notre auditeur se faire son opinion, la spécificité du métier fait que le commentaire est nécessaire. Malgré l’impartialité, relative aux sportifs présents, il faut faire ressentir ce que l’on voit sur place, la ferveur dans les tribunes, l’intensité dans les duels, dans les efforts. La monotonie est à fuir lorsque l’on est aux commentaires. Apporter sa patte dans une émission que l’on présente est impératif.



Le sport, avec les élections présidentielles ou encore les attentats sont les seuls programmes que le public souhaite vivre en direct. À l’heure du replay et du streaming, il reste cette particularité-là. Pour que la population puisse jouir de ce plaisir il faut que l’évènement soit clair et compréhensible pour tous. Il faut être capable de parler aux experts et à la fois aux non-initiés. La timidité de la personne qui tient le micro ou l’appareil photo doit être vaincue car souvent la valeur ajoutée vient de l’échange que l’on va avoir avec l’un des protagonistes. Aller voir les dirigeants, les supporters, les entraineurs, les joueurs voire les collègues afin d’avoir la totalité des informations nécessaires à la bonne compréhension de l’évènement. Comme dit précédemment, il faut être capable de dire les choses qui fâchent et pour se faire il faut aussi une once de culot pour être en mesure de le faire et à bon escient.

Attention tout de même à ne pas se laisser dépasser. Dans une période où tout le monde peut devenir viral, une star ou une personne qualifiée d’influenceuse, certains journalistes sont intronisés au rang de star, parfois plus grands que leurs sports.

Je conclurai en disant que c’est un métier qui fut longtemps victime d’un manque de diversité. Les duos de commentateurs les plus connus sont des binômes d’hommes, propos valables pour les présentateurs, les chroniqueurs et d’autres corps de ce métier. Fort heureusement, les mœurs ont changé et la diversité commencent à prendre une part importante dans le PAF. Révolue l’époque où la seule femme de sport était Marianne Mako, dont Vanessa Lemoigne garde un souvenir « violent » de ses interventions. Le souvenir d’une femme « qui n’était pas vraiment à sa place » fut remplacé par la rencontre avec Nathalie Iannetta, qui « prenait toutes les respirations des hommes » afin de placer ses « punchlines ». Aujourd’hui les femmes sont représentées, lorsque l’on tape « journaliste sportif » sur Google, c’est Anne-Laure Bonnet qui apparait en premier. Ce qui est tout sauf anodin. La clé de ce changement définitif appartient à la nouvelle génération selon l’ancienne journaliste bord terrain de BeIN Sports.



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